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C'est à un débat courtois et de bonne tenue, à l'issue duquel le PS est sorti indiscutablement renforcé, auquel les militantes et les militants socialistes ont pu assister hier, sur la chaîne parlementaire Public Sénat-LCP AN.
Sur le thème des questions économiques et sociales, Ségolène Royal, DSK et Laurent Fabius ont exprimé leurs points de vue, leurs nombreuses similitudes en tant que socialistes et parfois leurs divergences sur la méthode ou de sensibilité. Ils ont tous les trois étaient très bons dans leur argumentation et représentent trois excellents candidats pour le Parti socialiste.
Toutefois, la presse considère, dans sa grande majorité, que Dominique Strauss-Kahn a été le plus convaincant.
Ainsi, les 12 journalistes de la rédaction du Parisien donnent "l'avantage" à DSK : " Dominique Strauss-Kahn, l’ancien ministre des Finances, a fait preuve, dans le registre social-démocrate, d’un incontestable punch. Ségolène Royal est apparue souvent sur la défensive, voire laborieuse. Laurent Fabius a joué « à gauche toute » ". Ils notent DSK 16/20 et attribuent les notes de 12/20 à Ségolène Royal et 11/20 à Laurent Fabius.
Les internautes ne sont pas en reste. Sur le site de LCI, à la question " Qui vous a le plus convaincu mardi soir ? ", 54% répondent DSK, 29% répondent Ségolène Royal et 17% Laurent Fabius (1515 réponses).
Sur le site du journal Métro, les internautes ont rendu le même verdict : Dominique Strauss-Kahn = 53%, Ségolène Royal = 31% et Laurent Fabius = 16%.
Les réactions des militantes et des militants sont également positives : DSK est apparu comme "convaincant", "maîtrisant son sujet sur toute la ligne", "audacieux dans ses propositions" en proposant pour la première fois une vraie sociale démocratie sur le modèle scandinave adapté à la France, par rapport à Ségolène Royal qui a, selon l'avis des observateurs, trop "régionalisé" son intervention et Laurent Fabius qui est resté sur "un registre de la gauche française des années 70".
Depuis les « non » français et néerlandais, qui, au-delà de la réponse à la question référendaire, ont traduit un rejet des gouvernements conservateurs nationaux en place, la perspective d’une Europe politique s’étiole au fil des renoncements et des compromis sans ambition.
Le « Plan B », présenté comme une solution de secours immédiate prévue par les autorités européennes et nationales, n’était qu’une illusion de campagne. La réalité est plus cruelle : aucune initiative significative n’a été prise depuis un an, aucune relance sérieuse ne se dessine, et de nombreux gouvernements en Europe, dirigés par les conservateurs et comptant parfois dans leurs rangs des ministres d’extrême-droite, se réjouissent plus ou moins discrètement de cette torpeur pleine d’effroi.
Chercher à faire passer le Traité constitutionnel en force, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, serait une grave erreur. La majorité des Français a dit « non » et ce vote doit être respecté. Nous ne reviendrons pas sur la volonté exprimée dans les urnes. Le « non » nous oblige à réconcilier l’Europe avec les citoyens. Il exige des réponses aux attentes exprimées par les Français.
Première attente : l’Europe doit tenir ses promesses en matière d’emploi et de croissance. L’Europe est une des zones où la croissance, qui conditionne la création d’emplois, est la plus faible. Nous avons pris beaucoup de retard pour emprunter le passage vers l’économie de la connaissance, porteuse dans le champ économique de forte valeur ajoutée comme de hauts salaires et dans le champ social d’émancipation et de reconnaissance professionnelle. Des objectifs ambitieux ont été fixés en la matière dans le cadre de la « stratégie de Lisbonne », mais les outils pour la mettre en œuvre nous manquent aujourd’hui.
Deuxième attente : l’Europe ne protège pas assez le citoyen face aux nouveaux risques sociaux, comme les délocalisations ou les ruptures dans les parcours professionnels. Si seule l’Union Européenne a la taille critique nécessaire pour peser sur la mondialisation, les politiques européennes souffrent aujourd’hui d’un déséquilibre flagrant : la concurrence, qui n’est d’ailleurs parfois qu’apparente, y est privilégiée, au détriment des politiques sociales, économiques et industrielles. Une autre articulation doit donc être trouvée pour bâtir un véritable modèle social européen.
Troisième attente, enfin : l’Europe est trop éloignée des citoyens, ceux-ci n’ont pas de prise réelle sur les décisions. Alors que la décentralisation ne cesse de rapprocher les citoyens de leurs élus, que les Français s’expriment et veulent peser sur les politiques qui affectent leurs vies, l’Europe paraît souvent trop lointaine, trop abstraite. Il manque à l’Europe et à ceux qui l’incarnent une légitimité politique indiscutable. Il manque une vision clairvoyante de l’avenir, le nôtre et plus encore celui de nos enfants ou petits-enfants. Il manque un esprit de responsabilité pour dire et montrer clairement la destination et le chemin. Il manque enfin une méthode rigoureuse et cohérente.
C’est le destin exceptionnel de
Les intérêts de notre pays ne doivent pas être frileusement opposés à ceux de nos partenaires européens mais courageusement conjugués, pour entraîner vers le haut, par une valorisation intelligente et concertée de nos atouts respectifs, l’ensemble des Etats-membres de l’Union européenne.
Pour cela, l’Europe politique et sociale représente une contrepartie indispensable et urgente à l’Europe économique.
Seule une initiative progressiste permettra à l’Europe de sortir de l’impasse. Il faut construire une Europe des citoyens. Avec eux et pour eux, une relance progressiste de l’Europe est possible.
Il faut bâtir l’Europe sociale du XXIe siècle, qui émancipe et qui protège, grâce notamment à :
Il faut mettre en place un véritable gouvernement économique de l’Europe. L’Europe existe, elle doit être gouvernée avec :
Bâtir l’Europe des citoyens. Sans même en être conscients, nous vivons un moment unique dans l’Histoire. Pour la première fois, le continent européen est entièrement démocratique. C’est à nous, aux peuples d’Europe, de poursuivre ce mouvement en achevant la démocratisation des institutions européennes :
La crise de l’Europe n’est pas une fatalité. Une nouvelle dynamique progressiste est possible, dont
Mardi 17 octobre dès 20H30
sera diffusé sur les chaînes parlementaires LCP AN et Public Sénat (disponibles sur le câble, TNT, satellite, sites Internet des chaînes et du PS) le premier débat télévisé entre les trois prétendants P.S. à l’investiture présidentielle.
Ce premier débat portera sur « les questions économiques et sociales ».
N’hésitez pas à commenter le débat sur ce blog !
Bonne journée !
L’équipe DSK 14
Il y a une trentaine d’années, un de mes collègues professeur de droit, aujourd’hui figure marquante du Parti Radical de Gauche, Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, publiait un ouvrage intitulé « L’Etat spectacle ».
Globalement, cet essai entendait dénoncer la déviance des régimes démocratiques occidentaux transformés en systèmes « médiacratiques » le pouvoir étant devenu celui d’organes de presse écrite et plus encore télévisuels, qui contribuaient moins à l’émergence d’opinions qu’à la fabrication de « groupies » des acteurs de la vie politique.
Pareille altération revêtait une double signification : d’une part les masses media affirmaient une aptitude à imposer telle ou telle figure dans le jeu politique, et de l’autre ce même jeu devenait une simple juxtaposition d’images, sans valorisation des contenus programmatiques.
Le phénomène décelé sur la scène étatique et stigmatisé par l’auteur il y a trente ans garde toute son actualité. Il se trouve qu’il affecte particulièrement un parti, le Parti Socialiste, en passe de devenir le « parti spectacle », à l’occasion de la course à l’investiture du candidat aux présidentielles du printemps 2007.
Qui pourrait nier l’extraordinaire focalisation sur la personne – et non sur le programme – de Ségolène ROYAL ? Certes la présidente de Poitou-Charentes a su initier un processus qui l’a projetée à l’avant scène. Mais ce jaillissement des « starting blocks préélectoraux » n’aurait pas eu l’incidence que l’on vérifie aujourd’hui sans l’appoint de la « machine infernale » constituée par le couple instituts de sondage / médias, les premiers comme les seconds n’ayant de cesse de grossir une popularité par la valorisation de l’image et la marginalisation de l’idée.
Ségolène ROYAL est donc, pour l’heure, bénéficiaire de ce mécanisme éprouvé et à réprouver : doublement bénéficiaire, dans la mesure où elle semble avoir distancé très nettement ses camarades socialistes candidats à l’investiture avant même l’ouverture d’un véritable débat interne au parti et où le même processus a conduit à une clarification sur la droite de l’échiquier par l’hypermédiatisation du seul Nicolas SARKOZY, réduisant l’essentiel du jeu politique à l’articulation par des marionnettistes professionnels d’un duo...
L’impression rappelle celle largement partagée aux Etats-Unis en 1976, lorsqu’au sortir du scandale du Watergate, qui avait contraint Richard NIXON à la démission et laissé son Vice-Président Gérald FORD « gérer l’héritage » deux années durant, les médias d’outre-Atlantique, maîtres d’œuvre d’une opération de marketing électoral, avaient fabriqué un futur président – Jimmy CARTER- supposé être le « Monsieur Propre » de la politique fédérale, capable de réconcilier les américains avec leurs institutions ; un Jimmy CARTER angélique, qui révéla rapidement ses contradictions internes et son incapacité à définir une politique dotée d’un minimum de rationalité.
Ce qui se produit aujourd’hui dans l’Hexagone n’est pas fondamentalement différent.
S’il n’y a pas eu ici de Watergate, un profond besoin de renouveau a été ressenti par des citoyens qui ont exprimé, en avril 2002 et même avant, tant par le refuge dans l’abstention que par le recours au vote extrême, un rejet de la manière dont la chose publique était gérée depuis des décennies.
Le besoin de « faire du neuf » est topique, mais il se traduit par un phénomène tendant à imposer une image, plutôt qu’un projet qui serait moins accessible pour l’électeur de base ; une image résolument novatrice, donc, au risque d’une gadgétisation, celle d’une femme, qui n’hésitera pas à privilégier dans sa mise la couleur blanche, telle une « Madame Propre » de la politique, façon CARTER 76 !
Il faut refuser pareille paupérisation de la démocratie et du suffrage universel ; refuser de concevoir l’acte majeur de la citoyenneté, l’usage du bulletin de vote, comme un choix simpliste à opérer entre deux « images de synthèse médiatique ».
Le Parti Socialiste doit accorder toute primauté au projet. S’il est impossible, sauf à légiférer sur les instituts de sondage, d’enrayer la « machine infernale » qu’ils constituent avec des médias complices, le débat interne doit en revanche être intensif et ne pas se limiter à une évocation parcellaire sous forme d’un « voter’s digest » offert par les actualités télévisées.
Accorder le primat au contenu du projet, c’est soumettre tant les candidats que les adhérents à une multiplication des rencontres, des débats, au nom d’une nécessaire démocratie interne directe.
